Répertoire de la Laïcité

Bibliographie

Dictionnaire amoureux de la laïcité

Plon 2014

Les religions sont-elles dangereuses ? Non, si elle n’engage que les croyants. Oui, si elles prétendent à nouveau à dicter la loi commune.

Les fanatismes religieux d’aujourd’hui sont inquiétants. Face à eux, un seul rempart : La laïcité.

Une laïcité contestée par les nostalgiques des privilèges publics des religions. Pourtant, elle fournit à des hommes d’origine très diverses un cadre commun universel, délivré des traditions rétrogrades. Ainsi, elle unit tous en conjuguant le respect des différences et l’émancipation de chacun.

Histoire, géographie, philosophie, littérature, théologie, sociologie, droit font de ce livre une véritable encyclopédie de la laïcité. On s’y promènera « à sauts et à gambades » pour en comprendre le sens et l’enjeu, admirer ses héros, goûter les beaux textes qu’elle a inspirés, mesurer sa dynamique aux divers points du globe.

Dictionnaire de la laïcité

Ed. Armand Colin 2016

Qu’est-ce que la laïcité, cette « grande idée » qui est au cœur de la société, et dans la vie quotidienne de chaque citoyen ?

En France, où elle s’est imposée comme un projet radicalement émancipateur, démocratique et universaliste, la laïcité fait toujours l’objet d’attaques et de faux sens qui nous la dissimule.

Ouvrage engagé, défendant une laïcité proche de celle d’Aristide Briand, ce dictionnaire en rappelle les fondements historiques, philosophiques et politiques. Il présente les textes de lois, dessine un panorama de la laïcité à travers le monde, et dresse le portrait des penseurs et hommes politiques qui ont contribué à sa construction. La laïcité y apparaît comme un processus au long cours qui n’est jamais acquis et sur lequel il convient toujours de veiller.

  • 300 entrées de « Accommodements » à « Zola » en passant par « École » et « Lumières »
  • Des renvois pertinents pour affiner ses recherches
  • Une bibliographie et une sitographie pour prolonger la réflexion

Cette nouvelle édition, largement augmentée et complétée, est le fruit du travail de plus de 80 chercheurs, historiens, sociologues, juristes, journalistes…

Les laïcités dans le monde

Collection « Que sais-je ? » PUF, 2014.

La laïcité n’est pas une « exception française ». Elle n’est pas plus un « pur concept » intemporel. Il existe des laïcités dans le monde qui résultent de processus historiques divers, de fondements philosophiques pluriels et qui correspondent à des réalités sociales, culturelles et politiques elles-mêmes variées. Cela ne signifie nullement que ces laïcités soient équivalentes mais implique, dans chaque situation, qu’un seuil minimal de laïcité ait été franchi.

Dans le contexte d’une troisième mondialisation, qui n’est plus une occidentalisation, cet ouvrage vulgarise des travaux très peu connus pour nous inviter à penser une géopolitique de la laïcité et en mieux saisir les enjeux.

Petit manuel pour une laïcité apaisée

Ed. La Découverte, 2016.

Étonnant paradoxe : alors que les médias en parlent constamment, la laïcité est encore très mal connue ! Sujette à des interprétations divergentes, parfois instrumentalisée ou consciemment falsifiée, elle apparaît par moments comme un principe nébuleux, ce qui place les enseignants, les élèves et leurs parents dans une situation difficile.

Cherchant à clarifier le débat, un collectif d’enseignants s’est réuni autour de Jean Baubérot, historien et sociologue spécialiste de la laïcité, pour répondre aux questions concrètes du personnel éducatif et des usagers de l’Éducation nationale. Retraçant avec pédagogie l’histoire de la laïcité et redonnant les grands principes de son application, ce petit manuel offre des clés indispensables pour comprendre la philosophie véritable de cet idéal républicain et propose des solutions pratiques pour l’appliquer sereinement.

Car ce livre est aussi un plaidoyer pour une laïcité (enfin !) apaisée et pour une école publique ouverte, capable d’offrir à tous, quelles que soient leurs origines et leurs convictions, un enseignement de qualité. La laïcité, rappellent les auteurs, ne devrait pas être un instrument de stigmatisation des élèves et un casse-tête pour les professeurs. Au contraire, elle peut, quand elle est bien comprise, apporter des solutions pour une vie collective harmonieuse et respectueuse des convictions de chacun.

Une laïcité « légitime », la France et ses religions d’Etat

Ed. Médicis – Entrelacs, 2006.

L’auteur examine le fonctionnement réel (et non idéal) de la laïcité à la française. Son projet : ni « abattre » ni « promouvoir » la laïcité, mais la questionner afin de la faire évoluer vers une meilleure application de ses propres principes.

La laïcité, encore objet de débats il y a un siècle, est aujourd’hui acceptée par tous les acteurs sociaux. Du coup, elle n’est souvent ni pensée, ni réfléchie. La position officielle est passée d’une incompétence proclamée de l’État à la fin du XIXe siècle à une neutralité affichée, liée à un pouvoir d’intervention fréquent et organisé dans le domaine religieux qui a, de fait, un effet discriminant : l’État a ainsi le pouvoir d’accorder le statut d’association cultuelle qui est une forme de reconnaissance donnant lieu à des avantages fiscaux et à une représentation dans des organismes officiels. Les interventions de l’État français en matière religieuse sont ainsi beaucoup plus nombreuses que dans beaucoup des pays occidentaux non « laïques ».

L’auteur développe ainsi l’opposition entre une « neutralité neutralisante (tendance à représenter négativement les différences culturelles/religieuses comme des problèmes) et une neutralité différenciante (tendance à représenter positivement les différences culturelles/religieuses) » et montre que la neutralité affichée par l’État procède beaucoup plus d’un choix politique que d’une position philosophiquement neutre.

Histoire de la laïcité en France

Que sais-je ?, PUF, 2013.

Issue de la « guerre des deux France », la laïcité a constitué, paradoxalement, une rupture pacificatrice : la France est, constitutionnellement, une République laïque et la laïcité fait, en quelque sorte, partie du « patrimoine » national.

Si la laïcité nous semble familière, son histoire, hormis la figure de Jules Ferry et quelques images d’Épinal, est assez peu connue. Confrontée aujourd’hui à la mondialisation et à la montée du communautarisme, la notion de laïcité est au cœur des grands débats actuels que cette approche historique met en perspective.

Les 7 laïcités françaises : Le modèle français de laïcité n’existe pas

Ed. de la Maison des Sciences de l’Homme. 2015.

Avec la loi de séparation des Églises et de l’État (1905) et son inscription dans la Constitution (1946 et 1958), la laïcité apparaît comme une référence importante en France. Depuis le début du XXIe siècle, elle est de plus en plus invoquée, et une très grande majorité de Français affirment qu’ils y sont « attachés ». Pourtant des spécialistes soulignent la « confusion » qui règne sur le sens de ce terme. De plus, hier valeur essentielle de la gauche, elle est de plus en plus omniprésente dans le discours politique de la droite et de l’extrême droite.

En fait, nous indique Jean Baubérot, il n’existe pas de « modèle français » unique de laïcité mais des visions divergentes qui s’affrontent dans un rapport de forces toujours évolutif. Ainsi le contenu de la loi de 1905 a représenté un enjeu entre quatre conceptions différentes de la laïcité. Celles-ci ont subsisté en s’adaptant, alors que trois « nouvelles laïcités » sont apparues.

Ces sept laïcités, l’auteur nous les décrit en les qualifiant de : laïcité antireligieuse, laïcité gallicane, laïcité séparatiste stricte, laïcité séparatiste inclusive, laïcité ouverte, laïcité identitaire et laïcité concordataire. Une partie finale rend compte des mutations de la laïcité depuis la fin du XIXe siècle et effectue des hypothèses sur son devenir.

La laïcité falsifiée

Ed. La Découverte, 2012.

Classiquement considérée comme un des principaux marqueurs de la gauche, la laïcité aurait-elle viré à droite, voire à l’extrême droite ? La question se pose depuis le  » débat sur la laïcité  » de l’UMP, les effets de manche de la droite populaire et les références répétées de Marine Le Pen à la séparation de la religion et de l’État.

De nombreuses personnalités dénoncent cette dérive sans véritablement réussir à la réfuter. Protester contre la  » stigmatisation  » des musulmans – souvent le vrai motif de cette nouvelle posture  » laïque  » – est bien sûr nécessaire. Mais en rester là se révèle totalement insuffisant, car cette nouvelle laïcité de droite se pare de valeurs partagées comme la démocratie, l’égalité des sexes et la liberté d’expression. Il est donc urgent d’analyser, point par point, comment la laïcité peut être ainsi falsifiée et pourquoi on fait dire aussi facilement à la loi de séparation de 1905 le contraire de ce qu’elle a réellement dit.

C’est ce que fait Jean Baubérot dans cet essai, où il démonte les mécanismes de la nouvelle laïcité et montre que, pour la promouvoir, il faut oser mettre en cause les structures dominantes de la société elle-même. Dans deux chapitres conclusifs passionnants, il propose un  » programme républicain pour refonder la laïcité  » et une libération des cléricalismes d’aujourd’hui, grâce à la recherche d’un art de vivre : la  » laïcité intérieure « .

La laïcité expliquée à M. Sarkozy… : et à ceux qui écrivent ses discours

Ed. Albin Michel, 2008.

S’il y a un intellectuel français apte à juger en toute connaissance de cause et en toute objectivité les déclarations présidentielles sur la laïcité, c’est bien Jean Baubérot. Professeur émérite de la chaire d’histoire et sociologie de la laïcité à l’École pratique des hautes études (EPHE), dont il est président d’honneur, il s’est toujours distingué par son approche non dogmatique de la question. Or, c’est cet observateur serein qui a décidé de s’engager ici contre le danger que représentent les thèses développées au Latran puis à Riyad par Nicolas Sarkozy, et qui induisent toute une vision tronquée de la laïcité.

Considérations unilatérales sur l’Histoire de France, confusions graves à propos de la morale et des valeurs communes, méconnaissance totale des équilibres subtils qui, bon art mal an, ont fait fonctionner la République et vivre ensemble les citoyens depuis plus d’un siècle : le diagnostic est sévère, aussi bien pour le Président que pour ses conseillers. Chemin faisant, Jean Baubérot nous apprend mille faits significatifs sur une tradition républicaine dont nous ignorons le plus souvent toute la richesse.

Une haine oubliée : l’antiprotestantisme avant le « pacte laïque » (1870-1905)

Ed. Albin Michel, 2013.

Le changement de millénaire est marqué par des doctrines violentes et intolérantes. Au regard de cet inquiétant contexte, il a semblé important à Jean Baubérot et à Valentine Zuber de décrire et d’analyser une « haine oubliée » : l’anti protestantisme sévissant en France au tournant du XIXe et du XXe siècle.

A partir de cet épisode, qui prend ici valeur d’exemple, les auteurs établissent des analogies avec les doctrines haineuses d’hier et d’aujourd’hui. Les préjugés et les stéréotypes qu’elles charrient, tout comme le fonctionnement mental qu’elles supposent, s’avèrent interchangeables, même si ces haines sont différentes.

Le rappel des faits historiques et des principaux thèmes antiprotestants – les protestants, race étrangère qui dénationalise la France, la trahit et pervertit son âme… – ouvre la voie à une analyse plus générale de la condition minoritaire et permet aux auteurs de comparer anti protestantisme, antisémitisme et anticléricalisme.

Sommes-nous condamnés à subir ces doctrines de haine ? Jean Baubérot et Valentine Zuber sont convaincus du contraire, car le « pacte laïque » de 1905 a représenté un dépassement de l’anticléricalisme. Aujourd’hui, bien connaître les mécanismes des doctrines de haine permet de mieux les combattre et de promouvoir une tolérance vigilante, indispensable à l’exercice de la démocratie et de la laïcité.